En plein coeur
Un petit cupidon, tout mignon
Un petit cœur rouge, très charmant
Une mitrailleuse genre Kalachnikov, très effrayante.
Le tout aux pieds de monsieur Diderot (pensant à son encyclopédie?)
La musique de circonstance (avec un petit court-métrage assez chouette) par la petite Edith: A quoi ça sert l’amour?
Shanghai & Berlin
Quelle ne fût pas ma surprise à Shanghai, de croiser dans le jardin Fuxing (parc de l’ancienne concession française) deux vieux copains berlinois:
Mais l’hommage aux penseurs du communisme n’est pas le seul point commun entre Shanghai et l’ex-Berlin Est. Un autre symbole de taille les rassemble: leur tour de télévision!
- A Berlin est construite entre 1965 et 1969 une tour de télévision de 368 sur l’Alexanderplatz, LA grande place de Berlin-Est.
- A Shanghai est élevée entre 1991 et 1995 la Perle de l’Orient, haute de 468m, dans le quartier des affaires de Pudong
Tout voyageur qui a vu les deux ne peut que les soupçonner d’être sœurs. La preuve en image:
Notez les similitudes entre les deux structures, avec la/les boules (rappel, les boules ne servent par à transmettre des signaux pour la télévision, c’est juste histoire de dire qu’on construit pas juste une grosse antenne). Mais celle de Shanghai est plus rigolote: la boule du haut est une grosse boule à facette rose. Accordons une mention spéciale à celle un peu austère de Berlin qui a été “déguisée” en ballon de foot géant quand la coupe du monde a été organisée en Allemagne.
Quelle ironie: deux dictatures qui musèlent/muselaient la liberté d’expression ont choisi comme symbole de leur capitale économique et/ou politique une tour de télévision!
Je vous laisse méditer sur le caractère international du communisme et sur le sens de l’humour certain des dirigeants des pays qui se réclament de cette pensée politique
Sources: Wikipédia pour les 2 photos de Berlin, les hauteurs des tours et leurs années de construction
Dazhai
Dazhai (prononcez DatchaÏ) est un petit village perché de l’ethnie des Yao.
Les Yao constituent une des 56 ethnies officielles de la Chine. On trouve des représentant de cette ethnie également dans d’autres pays du sud asiatique (Laos, Viet-Nam, etc). Dans cette ethnie, les femmes semblent être tout sauf de petites dindes soumises: dans les champs, dans les hôtels, dans les magasins, on ne voit qu’elles. Les hommes sont “invisibles”. Elle portent de beaux costumes brodés, une veste rose fushia, une petite jupe noire (courte!). Leurs cheveux très longs sont enroulés autour de leur tête et noués sur le devant dans une sorte de chignon.
Le site que nous avons visité est magnifique. Il s’agit de rizières en terrasses. Quand on voit se paysage entièrement artificiel, crée sans machine ni autre force que la main et le dos de l’homme, on en reste sans voix.
C’est vraiment très très beau. Certains comparent ces rizières aux écailles d’un dragon [le dragon est plutôt une entité bénéfique qui crache de l'eau en Chine].
Les terrasses sont très étroites, sur certaines, on ne peut planter que 3 rangées de riz. La culture du riz étant particulièrement vorace en temps et en main d’œuvre (la main d’œuvre qu’on peut mettre pliée en deux, les pieds dans l’eau stagnantes des jours et des jours à repiquer le riz), les populations locales préfèrent s’occuper des touristes. Des hôtels sont construits partout et on est littéralement submergée par les gens qui veulent vendre de leur “artisanat” (pas de chance, je sais reconnaitre une broderie machine d’une broderie main). Et il n’y a plus personne pour faire le sale boulot dans les rizières. Sauf que si les touristes ne viennent que pour voit les rizières et les paysages sculptée par elles. Donc abandonner les rizières c’est la mort du tourisme. Les locaux emploie donc les gens du village d’à coté pour s’occuper des rizières pendant qu’ils s’occupent de leur hôtel/ proposent de porter les bagages des touristes/essayent de vendre des trucs aux touristes.
Si ce lieu s’est aussi bien conservée, c’est qu’il a longtemps été très isolé. Encore aujourd’hui il faut prendre un bus, voire deux, pour arriver en bas des rizières. Après cela, il faut encore grimper pour atteindre son hôtel et admirer les beaux paysages.
Mais oubliez tout de suite les petits chemins boueux, ils ne conviendrait pas aux touristes chinoise qui aiment se promener en minijupe et talons hauts. Tout est pavé, et il y a des marches. Des centaines de marches. Des marches pas assez hautes pour que ce soit naturel de les monter une par une, et trop longues pour que tu puisses les monter deux par deux. J’étais essoufflée en 5 min (pour info je cours des semi-marathons…). La Renarde a été obligée de m’apprendre une technique de respiration pour que j’arrive en haut!
Outre les plants de riz, la végétation locale évoque déjà la jungle tropicale. Elle est sérieusement contrôlée dans cet espace agricole, mais certaines espèces prolifèrent, notamment une espèce de rhododendron à couleur flamboyante.
Une dernière photo:
Pour en savoir plus, je vous conseille le livre de Jean-Claude Raoul monsieur très intéressant que nous avons eu la chance de rencontrer là-bas.
Yangshuo/ En attendant Godot
Quelle est la relation entre une pièce de théâtre absurde écrite par Samuel Beckett en 1948 et une petite ville chinoise?
En effet, l’auberge de jeunesse où nous avons dormi portait ce nom. Cela semble absurde, mais après tout cela resterait cohérent avec la pièce
.
Cette auberge de jeunesse restera pour moi la plus sympathique et confortable des auberges de jeunesse dans laquelle j’ai dormi. Il y avait même un salle-de-bain-douche-WC (comprendre les sanitaires à la chinoise, sans bac de douche, mais avec un pommeau de douche qui émerge du mur entre le lavabo et les WC. Quand les WC sont à la turc, tu n’as plus qu’à prendre ta douche en tong….) individuel: le luxe! Je n’ai pas souvent eu ça dans les auberges de jeunesse en Europe.
La cage d’escalier était entièrement décorée. Et curieusement tendue de filets à certains étages. Je ne les trouvais pas très décoratifs. Jusqu’à ce que je comprenne leur rôle. Ce sont des étendoirs à linge
En fait c’est très malin comme utilisation de l’espace libre. Pour une fois que le linge ne sèche pas à la fenêtre! Le linge à la fenêtre est une grande, grande pratique en Chine, vraisemblablement à cause du manque de place et du climat chaud. Un choc culturel pour une parisienne qui a l’habitude de voir des tancarvilles (le nom savant de l’étendoir à linge) au beau milieu de studio/chambre d’étudiant/salon de coloc, etc.
Mis à part le linge, les murs valaient le coup d’œil. Galerie photo des plus belles peintures:
Comment ça, ça ne fait pas chinois?
Yangshuo
Dans le sud de la Chine (déjà en zone sub-tropicale) se trouve la petite ville de Yangshuo. Cette petite bourgade est un coin réputé des “backpackers” (= les routards, ceux qui voyagent sac au dos) occidentaux, mais aussi des touristes chinois.
Pourquoi venir à Yangshuo?
Pour eux:
Eux, ce sont les pics karstiques. Ils rappellent les célèbres îles de la baie d’Along au Viêt-Nam, autre site généreusement pourvu en karst, mais contrairement à ceux du Viêt-Nam qui sont “en mer”, les pics de Yangshuo sont sur terre, le long ou à proximité de la rivière Li. Ils sont couverts d’une végétation dense qui ne laisse que rarement apparaitre la roche.
Ces pics sont issus de l’érosion chimique de plateau calcaire.Je vois déjà d’ici les visages torturés des lecteurs qui se demande si ce paysage est dû à une pollution de l’homme puisque j’ai employé le terme “chimique”. Au risque de renverser quelques unes de ses certitudes les plus profondes, il me faudra lui apprendre que la nature employait la chimie toute seule comme une grande bien avant l’apparition de l’être humain. L’érosion a été causée par des eaux acides. L’acidité de ces eaux étant elle-même due à la dissolution dans l’eau du CO2 produit par la végétation dans les sols.
Après cette petite digression scientifique, revenons à l’imaginaire. Les gens du coin ont manifestement un imagination débordante.

Les deux premiers nous ont été indiqué par le guide sans lequel je n’aurais sûrement rien vu. Le seul pic qui m’a instantanément évoqué quelque chose de reconnaissable, c’est celui de gauche sur la photo. Curieusement le guide n’en a pas parlé ^^
Outre ses très photogéniques formations géologiques, Yangshuo est un bon lieu pour avoir un premier aperçu de la Chine. On voit défiler la troupe dans son uniforme vert. Elle passe imperturbable entre la foule des trottoirs et les deux roues grouillant.

La troupe (photo prise discrètement, car il ne faut pas contrarier l’autorité en Chine, ça ne rigole pas)
C’est aussi l’occasion de découvrir certaines des nombreuses échoppes de bord de route vendant des végétaux/fruits/légumes que je n’avais jamais vu ou dont j’ignorais les propriétés comestibles (pour moi la canne à sucre, ça servait à faire du sucre, pas à être pelée et mâchonnée pour en extraire un jus sucré).

Cannes à sucre sur le scooter/échoppe qui sert à les transporter et à les tenir en attendant preneur
A Yangshuo, il y a aussi possibilité de faire de l’escalade, mais je me garderais d’en parler, n’ayant pas testé l’activité.
Suite du voyage au prochain épisode…
































