Patience & layette : la couverture en patchwork/quilting

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Il paraît qu’il faut parfois sortir des sentiers battus, de notre petite routine Il paraît que c’est bon pour notre santé mentale.

Quand j’ai décidé de me lancer dans la confection d’un tapis d’éveil, 5 jours avant le terme théorique de ma grossesse, ce genre de raisonnement paraissait parfaitement cohérent. Cela faisait quelques jours qu’échouée telle une baleine sur mon lit, je me passionnais pour les fantastiques vidéos de tutoriel de Blossom Quilt & Craft disponibles sur You Tube et Artesane (précisons au passage que toutes ces ressources sont gratuites et que je n’ai rien acheté, ni reçu de Blossom Quilt & Craft. Je salue la qualité du travail effectué et l’enthousiasme communicatif ).

Mon cahier des charges était très clair:

1. Il fallait que ce soit un motif de patchwork simple parce que j’étais trop fatiguée pour réussir quelque chose de complexe

2. Il ne devait nécessiter l’achat d’aucun nouveau matériel car je n’étais plus en état de courir les merceries de Rouen

3. Il devait utiliser exclusivement des chutes de tissu de précédents projets couture ou de vieux vêtements. Pas uniquement pour faire un projet « upcycling » bon pour ma conscience, mais aussi pour l’aspect symbolique d’un objet qui contiendrait des morceaux de vêtements des hommes de ma vie (mon papa et Monsieur ours), et des tas de petits carrés qui me rappellent des vêtements, des souvenirs, etc. Tout ceci est terriblement sentimental et un brin cul cul la praline, mais tant pis…

4. Il devait être dans les tons bleus et blanc car ce sont des couleurs que j’apprécie beaucoup, qui se marient bien et pour lesquels je dispose de quantité importante de chute.

5.Il devait y avoir des textures différentes puisqu’il s’agit d’un tapis d’éveil.

J’ai donc dessiné un diagramme de la répartition colorée. Il s’agit d’un assemblage de 9 grands carrés, composé chacun de 9 carrés. Le centre de chaque carré est un petit carré de denim issu d’un vieux jean. Le reste de l’assemblage est un damier alternant carré clair et carré foncé.

Ci-dessous le plan du « top », et l’état d’avancement de la couture au 27 janvier.

J’avais juste oublié un détail. J’étais susceptible d’accoucher d’un moment à l’autre. J’ai donc terminé mon « top » (le patchwork à proprement parler, c’est à dire le dessus de la couverture) en alternant contractions et couture. Une contraction (on souffle), un assemblage de 2 petits carrés, une contraction, un assemblage, etc.

Quand nous sommes partis à la maternité le 29 janvier, le top était terminé. Et les choses en sont restées là pendant presque deux mois. J’étais occupée à coudre et découdre des turbulettes pendant le peu de temps que je ne consacrais pas à mon nourrisson.

Il est arrivé un moment où les regards accusateurs de mon « top » soigneusement plié et ses petites remarques ironiques (du genre  » ne te presse pas, après tout quand ton fils aura 18ans, il sera sûrement ravi d’avoir une petite couverture en patchwork  » (oui, mes projets couture me parlent, à moins que ce ne soit ma conscience ?)) ont eu raison de ma résistance et j’ai préparé le « sandwich » (top en patchwork, molleton, back =morceau d’un vieux drap troué de mes arrière-arrière grands parents ), fixé les 3 épaisseurs avec des épingles à nourrice et réalisé le quilting (matelassage). Comme je dispose en moyenne de 30 min de temps libre par jour, cela a pris très longtemps.

Et ce n’est pas fini à ce stade, il faut encore couper le biais qui fait la finition du tour, le coudre à la machine sur une face et à la main sur l’autre. C’est long. Surtout segmenté entre deux tétées/changements de couche/jeux d’éveil /câlins (la sieste, c’est pour les faibles selon mon fils). J’ai eu la sensation d’avancer sur ce projet comme si je cherchais à déplacer un tas de sable grain par grain.

Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. La Fontaine (le lion et le rat).

Je n’ai pas du tout aimé coudre le matelassé. On est très encombré par la couverture qui est un peu rigide, la machine peine à traverser toutes les épaisseurs et je ne suis pas une couturière suffisamment habile pour que mes coutures soient parfaitement droites et invisibles.

Mais j’aime beaucoup les petits carrés dodus que cela permet d’obtenir et le dessin que cela crée sur l’arrière de la couverture.

Et surtout j’ai réussi à terminer ce projet (mon premier patchwork) sans négliger mon nourrisson ni prendre sur mon temps de sommeil. En contrepartie il m’aura fallu deux mois et demi.

Tissus utilisés:

  • Une vieille chemise à carreaux de mon papa
  • Un ancien pyjama de mon papa (blanc à rayures bleu ciel)
  • Un ancien jean de Monsieur Ours
  • Un morceau de drap de famille. Mon fils constitue la 6e génération qui l’emploie! Un bien durable somme toute
  • Chute d’ottoman de la combinaison de baptême de mon filleul
  • Chute de tissus Petit Pan (sioux et coquelicots) utilisés pour mon pantalon de pyjama et un coussin
  • Chute de tissu des tissus du chien vert, motif grain de riz, utilisé pour mon pantalon de pyjama, cette blouse et un chemisier de Tilly and the Buttons pour lequel je n’ai pas écrit de note de blog
  • Chute de tissu bleu à pois blanc, les tissus du chien vert, utilisé pour une robe Sureau de Deer and Doe (pas de note de blog,)
  • Chute de tissu japonais à ancres (Bouchara) utilisé pour ma jupe Ava de Wear Lemonade
  • Chute de tissu à bonnets de marin (Bouchara) utilisé pour ma robe Lilou de Tilly and the Buttons
  • Chute de double gaze bleu pétrole utilisé pour un débardeur La Maison Victor (offert, pas de note de blog) et la doublure d’une turbulette et d’une trousse de toilette
  • Chute de tissu blanc à rayures multicolores (Bouchara) utilisé pour une robe Cami de Pauline Alice (pas de note de blog)
  • Chute de tissu blanc à étoiles rose fluo utilisé pour un nid d’ange de bébé (pas de note de blog)
  • Chute de tissu crème avec nounours à vélo (Mondial tissu) utilisé pour des bavoirs de bébé (pas de note de blog)
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Layette chic: la combinaison de baptême

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Il s’agit ici de présenter une pièce de layette cousue pour mon filleul en février 2018.

Une pièce un peu extraordinaire puisqu’il s’agit de sa tenue de baptême.

J’en ai profité pour tester la marque de patrons Ikatee qui semble très populaire sur les réseaux sociaux. Le modèle choisi par les parents de mon filleul était la combinaison Madrid.

Elle dispose de plusieurs combinaisons de boutonnage, de longueur de jambes et de frou-frou. Étant donné qu’il s’agissait d’un baptême d’hiver, j’avais commandé un morceau de velours blanc sur le site d’ikatee en même temps que le patron. J’ai été très déçue par la qualité du tissu. Cassant, rugueux à l’intérieur (comprendre « trop rugueux pour un bébé), marquant les plis après lavage, trop fin pour être chaud. Bref, inutilisable.

J’ai donc couru les boutiques de tissu de Rouen et fini par trouver un bel ottoman blanc chez So couture. Pour la doublure et les revers, j’ai utilisé les chutes de ma jupe Ava (tissu japonais). Et j’ai choisi une version jambes longue, ouverture devant et bien entendu sans frou-frou.

L’ottoman est un tissu épais avec beaucoup de tenue et j’ai dû remplacer les fronces de la culotte bouffante par des plis (le calcul du nombre et de la largeur des plis a été laborieux). Je trouve l’effet obtenu plus chic que le modèle initial, ou à minima très adapté à un baptême!

Côté pratique, les jambes sont fermées par des pressions afin de permettre le change, ce qui est appréciable avec un bébé. Je me suis amusée à poser de petite boutons pression de différentes couleurs assortie aux tissus utilisés.

En revanche la « taille  » s’est révélée un peu étroite pour passer la tête et les épaules du bébé le jour du baptême.

Étant donné qu’il s’agissait d’un vêtement de cérémonie, il n’est pas censé être enfilé souvent, mais je ne suis pas certaine de réutiliser ce patron pour mon fils en raison de ce côté peu pratique, quand bien même le vêtement obtenu est joli.

L’atelier des souvenirs

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Un bon Feel Good book sans prétention, ça ne se refuse pas. L’atelier des souvenirs d’Anne Idoux-Thivet rentre dans cette catégorie et était exactement le genre d’ouvrage dont j’avais envie pendant mes dernières semaines de grossesse quand je trainais mon corps pesant du lit au fauteuil et inversement.

L’héroïne s’appelle Alice. Elle est une bonne élève surdiplomee dans un monde où ses compétences ne semblent pas requises par le marché du travail. Après une installation en province dans la maison léguée par sa grand mère elle décide de se lancer dans une nouvelle aventure professionnelle en proposant des ateliers d’écriture pour séniors en maison de retraite. Cette nouvelle activité est l’occasion de découvrir la vie et les souvenirs des pensionnaires et ceux d’Alice. Les pensionnaires vont sérieusement la prendre en main pour la mettre de gré ou de force sur le chemin du bonheur.

J’ai aimé l’écriture agréable de ce livre et ses attachants personnages, notamment les pensionnaires des maisons de retraite. J’ai également apprécié la vision positive des relations intergénérationnelles. Finalement les états d’âme de l’héroïne ne sont que secondaires et c’est tant mieux.

Aventures en layette: les turbulettes

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Oui, je suis très fière de mon titre d’article…

Si vous ignorez ce qu’est une turbulette, pensez à une gigoteuse. Et si la gigoteuse ne vous parle toujours pas, pensez à un sac de couchage à bretelles. Mais la sonorité du mot turbulette me plaît bien davantage que les autres dénominations.

Revenons au sujet très sérieux de cet article. Dans l’optique de préparer la naissance de mon fils, j’ai cousu quelques pièces de layette. Les plus marquantes sont les turbulettes.

Ayant acheté quelques années plus tôt le livre Les intemporels pour bébés tome 2 d’Astrid Le Provost dans l’optique de coudre des cadeaux de naissance que je n’ai jamais cousus, j’ai décidé d’utiliser le modèle qui figure dans ce livre. Il s’agit d’une turbulette avec ouverture sur le devant. Sur le moment, ce qui me déplaisant était le zip qui ne mettait pas en valeur le tissu. Ultérieurement ces considérations futiles ont été remplacées par des questions beaucoup plus angoissantes. MAIS COMMENT MET-ON UN BEBE DANS CE TRUC SANS LE RÉVEILLER ?

La turbulette n°1 ou turbulette de l’apocalypse

Pour ma première version, j’avais opté pour un choix de tissu de maman-stressée-à-mort que son bébé ait froid. Extérieur en matelassé blanc, intérieur en polaire et molleton entre les deux. Les deux achetés chez Rascol.

C’est trop. Ou peut être est-ce adapté uniquement si votre logement n’est pas chauffé du tout?

Et un zip invisible. Qui se prend dans le tissu… Mauvais choix pour un zip qui doit être souvent ouvert et fermé (le petit ange tétant toutes les deux heures, il vaut mieux choisir un zip visible et résistant )

Et j’ai respecté le patron. J’ai laissé l’ouverture devant.

L’ensemble ne m’a jamais convaincue. Je n’ai même pas retrouvé de photo de la bête terminée (ci-dessous une photo en cours).

J’ai essayé de l’utiliser une fois. La première nuit à la maison après avoir quitté la maternité. La turbulette n°2 était à la lessive…

Je n’ai jamais réussi à mettre mon fils dedans sans le réveiller et me faire assaillir de hurlements. Le petit a fini par dormir dans son nid d’ange (beaucoup moins sécurisant par rapport aux risques d’étouffement) et la turbulette a été intégralement décousue par la couturière énervée et fatiguée le lendemain. Le molleton a été récupéré pour la turbulette n°4.

La turbulette n°2 ou l’amour fou & la patience

Pour la deuxième version, j’ai décidé de modifier le patron, de mettre le zip sur le côté et de créer des pattes de fermeture sur les épaules. Pas du tout pour des raisons pratiques (à l’époque je n’avais pas accouché), mais plutôt parce que j’allais utiliser un tissu de mon stock que j’aime beaucoup mais dont je ne voyais pas bien l’utilisation en confection. La deuxième turbulette est donc en lin doublé de double gaze. Avec du molleton entre les deux pour apporter un peu de chaleur

Et je l’aimais tellement que j’ai fait une trousse de toilette assortie. J’ai même dû rabouter mes chutes de double gaze pour en avoir assez pour la doublure (quand on aime…)

L’idée de génie de cette réalisation (la turbulette) était le zip. Je l’avais récupéré sur une blouse jetable de mon labo qui n’avait été portée que quelques minutes (bilan carbone, upcycling, etc..).

La turbulette a été emportée à la maternité et utilisée dès le premier jour du bébé. Elle était photogénique, chaude mais pas trop… Bref parfaite? Sauf que l’utilisation intensive du zip ne lui a pas plu. Pauvre zip jetable censé ne servir qu’une seule fois. Quinze jours après la mise en service de la turbulette il ressemblait à ça :

Il donc fallu remplacer le zip. Après la naissance d’un bébé le temps libre non dédié à des fonctions vitales (manger, dormir, aller aux toilettes et se laver ) est très rare. Il m’a donc fallu presque 3 semaines pour réaliser l’opération.

Ah si j’oubliais : j’ai encore dû découdre la doublure que j’avais amoureusement piquée à la main au point invisible, mais surtout au ras des dents du zip. Elle se prenait donc régulièrement dans le curseur. J’en ai profité pour repriser les trous créés dans la doublure tant que j’y étais…

Turbulette n°3 ou le supermarché n’est pas ma norme

Si vous avez bien suivi ce billet fleuve, vous en êtes arrivé à la conclusion que je n’ai plus de turbulette. Le supermarché local nous a sauvé en nous fournissant à bas coût un article fait en Chine (culpabilité ). Très mignon, il y a un petit lapin dessus.

En revanche, il semble que les bébés du supermarché n’aient pas de cou. Ou qu’ils aiment leur turbulette bien serrée sous le menton. Vous aurez compris, les pattes de boutonnage étaient un peu courtes et on avait tendance à réveiller notre bébé (il y a comme un leitmotiv me semble-t-il) en les fermant. Étant donné la disette de turbulette que nous traversions, il fallait agir vite.

J’ai « cousu dans ma tête  » les pièces de rallonge pendant quelques tétées (passer 10h/jour à allaiter laisse peu de liberté physique, mais beaucoup de liberté mentale ). Quand j’ai eu une heure devant moi, j’ai pu aller vite car je savais exactement comment j’allais procéder.

Sur les photos ci-dessous les lecteurs attentifs reconnaîtront les chutes de ma robe Frida cousue en juin 2015 (popeline de coton Toto). Et mon fils n’a pas l’air très affecté par le port de petites fleurs sur les épaules.

Les photos ci-dessous sont un peu sombres, mais vous noterez je l’espère que j’ai fait de grands progrès en surpiqure.

Turbulette n°4 ou un écureuil averti en vaut deux

Pour celle-ci j’étais mieux armée. Je disposais :

  1. D’un zip résistant
  2. De tissus de qualité (un molleton rapporté du Japon par ma Maman et une double gaze achetée chez so couture à Rouen)
  3. D’un patron de turbulette optimisé (ouverture latérale et pattes à pression aux épaules )
  4. D’une solide expérience en couture de turbulette

Et voici donc le chef d’oeuvre:

Étant donné que j’ai récupéré le molleton des la turbulette n°1 (à bas le gâchis !), il n’y a pas de molleton dans les pattes de fermeture dos. J’ai donc ajouté une surpiqure autour de l’encolure et des emmanchures pour bien maintenir les différentes épaisseurs. Tout cela ayant été réalisé APRÈS la naissance de mon fils, cela m’a pris un bon mois.

Conclusion

Ce billet est terriblement long et je remercie les lecteurs qui arrivent à ces lignes. J’espère que ce partage d’expérience aidera celles et ceux qui veulent coudre de la layette et aura fait sourire les autres lecteurs.

Quant à moi, je vais probablement attendre un peu avant de coudre les turbulettes de la taille supérieure

Mme Bovary à Rouen

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L’histoire de Madame Bovary est intimement liée à celle de la ville de Rouen. On trouve dans le roman de Gustave Flaubert(1821-1880) de magnifiques passages descriptifs qui encadrent un beau récit d’adultère.

Devant le musée des Beaux-Arts de Rouen se trouve une esplanade dédiée à Marcel Duchamp (1887-1968). Fidèles à l’esprit de cet artiste, les plaques d’indication de l’esplanade sont souvent humoristiques et un peu absurdes.

Et c’est ainsi qu’un discret lien peut être établi entre Gustave et Marcel (avez-vous remarqué leurs dates de naissance et de décès ? Ils ne sont pas si distants dans le temps que leurs oeuvres respectives pourraient laisser croire…), deux célébrités normandes qui ont déployé tant d’efforts pour quitter la Normandie.

NB: si vous ne comprenez pas la plaisanterie, je vous suggère aimablement d’aller (re)lire Madame Bovary.

La folle journée du professeur Kant

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A première vue il s’agissait d’un album pour enfants. La couverture est rose, le format est grand et mince et il y a autant de texte que d’images.

Me souvenant d’avoir abandonné vers la page 5 la critique de la raison pure, je me suis dit que cela ne me ferait pas de mal de revoir les idées clé de la pensée de Kant sous une forme ludique. Et j’étais intriguée par la forme que cela pouvait prendre pour un jeune lectorat.

Je n’ai pas été déçue, cet album est vraiment bien fait. Clair, drôle (Jean Paul Mongin) et bien illustré (Laurent Moreau), ce petit opus est un régal.

Toutefois je me demande à quels enfants ce type d’ouvrage peut être destiné, mis à part de « grands enfants » dans mon genre. Entre allusions grivoises et explications assez abstraites, je cherche encore la classe d’âge visée. Je ne dois pas être la seule à ne pas avoir ouvert un livre de philosophie avant la classe de première (histoire de préparer les cours de philosophie de terminale), et je n’aurais jamais pensé à lire un album illustré.

Mystère…

L’or des secrets

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On dirait un titre de roman de gare.

Le très sérieux musée de la ferronnerie de Rouen (Musée le Secq des Tournelles) accueille en ce moment une exposition qui porte pourtant ce titre.

Elle est dédiée au designer/ bijoutier/ joaillier Sara Bran et aux résonances que son travail peut avoir avec les collections du musée.

De véritables dentelles d’or et de pierres précieuses sont exposées dans la nef de l’ancienne église qui abrite le musée.

Toutes les pièces sont réalisées à la main en ajourant des plaques de métal précieux à l’aide d’une scie très fine appelée boc-fil. Il n’est pas étonnant de découvrir pendant l’exposition que ses pièces s’inspirent des dentelles textiles anciennes que Sara Bran collectionne.

Certain bijoux présentent une structure composée de plusieurs plaques articulés qui permettent de les adapter au corps qui les porte.

Le col intitulé « point d’Alençon » est la pièce qui m’a le plus fascinée par son ampleur et sa finesse infiniment délicate. Il est présenté sur un présentoir tournant qui permet de voir la lumière jouer sur le métal

Dans le cabinet d’art graphique on peut découvrir les dessins préparatoires de certaines oeuvres, ainsi que les collaborations de Sara Bran avec des marques de haute couture ou de joaillerie.

Une agréable façon de (re)découvrir ce musée exceptionnel de la ville de Rouen

Exposition du 8/06 au 04/11/2018. Entrée: 4€

My familly and other animals

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Une petite gourmandise d’humour anglais. Les aventures d’une famille anglaise un rien singulière qui décide de quitter la météo maussade de leur île pour aller vivre quelques années dans une autre île au décor un rien différent: Corfou.

La famille est composée

  • d’une mère, veuve, passionnée de jardinage et de cuisine
  • D’un fils aîné qui aspire à devenir un grand écrivain
  • D’un deuxième fils passionné de chasse et d’armes à feu. Au besoin, il sait construire des bateaux
  • D’une fille adolescente préoccupé essentiellement par son bronzage, son acné et ses admirateurs
  • Du petit dernier, le narrateur, amoureux de sciences naturelles et aimant rapporter divers spécimens animaliers à la maison

La tribu enchaîne les aventures racontée avec humour par Gerald, l’auteur et le narrateur de ce récit autobiographique.

Il est à noter que Gerald est devenu un grand naturaliste célèbre par la suite.

On est frappé des différences culturelles avec le monde d’aujourd’hui.Laisseriez-vous votre fils de 8 ans se promener tout seul en pays étranger ? Rapporter des scorpions ou des serpents à la maison ? Faire du bateau sur une coquille de noix construite par son grand frère ?

À lire à vos enfants pour les inspirer et les pousser à être curieux, et à lire pour rire et se promener dans une île de rêve accompagné d’Anglais déjantés.

L’auberge de la Jamaïque

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La météo est beaucoup trop clémente. Tout ce soleil, cette bonne humeur et cette vie en rose vous assomme.

Il y a une solution à votre problème. Un billet simple pour une lande déserte et inhospitalière. Une auberge mal famée dans laquelle plus aucun voyageur ne veut descendre. Un aubergiste alcoolique et sadique. Une aubergiste brisée et spectrale.

Bienvenue à l’auberge de la Jamaïque ! Vous êtes en Cornouailles anglaises au début du XIXe siècle et vous avez atterri chez les naufrageurs.

Publié en 1936, ce fantastique roman d’aventure a inspiré Hitchcock qui en a fait un film. Il a également adapté au cinéma deux autres roman de Daphné du Maurier: Rebecca et les Oiseaux.

L’héroïne, une orpheline coriace du nom de Mary Yellan est attachante et étonnamment contemporaine. Les autres personnages sont décrits avec plus ou moins de finesse, mais le véritable personnage principal de ce roman sont les Cornouailles. On y découvre les différents paysages et on sent l’attachement de l’auteur aux lieux et à leur beauté sauvage.

J’ai lu ce roman une dizaine de fois dans cette édition ancienne. Et je ne m’en lasse pas même si je connais l’intrigue par coeur. L’écriture me transporte, j’en oublie de dormir et de manger. Heureusement, l’ouvrage n’est pas très long!

Jupe Clémence et « Refashioning »

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Par ma foi! Il y a plus de quarante ans que je dis de la prose sans que j’en susse rien, et je vous suis le plus obligé du monde de m’avoir appris cela.

Le Bourgeois Gentilhomme, Molière

Bien avant de connaître les réseaux sociaux dédiés à la couture responsable, je faisais du « refashioning » (utilisation d’un ou plusieurs vieux vêtements pour en fabriquer un nouveau) sans le savoir.

La préoccupation derrière cette utilisation de vêtements existants, souvent tachés ou troués par endroit, était bien loin de tout sensibilité écologique (limiter l’empreinte de mon loisir sur la production de déchets de la planète) et très bassement matérialiste: quand on commence à coudre, beaucoup de pièces sont ratées (trop grandes/ trop petites/ informes/ mauvaise adéquation entre le tissu choisi et le modèle, etc.) ou tellement inconfortables qu’elles finissent à la poubelle. Inutile dans ce cas d’investir dans un tissu hors de prix. Vieux draps (voir mon pantalon de pyjama), vieille chemise d’homme, tout y passait.

Une de mes amies en a entendu parler et m’a apporté une robe Laura Ashley des années 90 ayant appartenu à sa mère. Une merveille de coton léger à fleurs. Je l’ai transformée en jupe froncée en suivant les indications du modèle Clémence de Love at first stitch.

J’ai même conservé les poches de la robe d’origine, parce que les jupes sans poche sont peu commodes (où mettrais-je mon mouchoir?).

Le modèle est très simple et se passe réel de patron puisqu’il s’agit essentiellement de tracer des rectangles. Je suis assez fière de la longueur (ni trop courte, ni trop longue) qui permet de porter des talons hauts et des talons plats, ainsi que du zip invisible qui est passablement « invisible », ce qui n’est pas évident quand on débute en couture.

Plus de deux ans après l’avoir cousu, je porte cette jupe très souvent car elle cumule les atouts du confort absolu (coton léger d’excellente qualité), de l’élégance discrète (jupe froncée longueur genoux, coloris pastels) et de la praticité (présence de poches, ne serre pas la taille, forme indémodable ). Il s’agit donc d’un projet réussi et d’une véritable nouvelle vie pour un vieux vêtement.

  • Patron : Clemence skirt issu du livre Love at first stitch de Tilly Walnes (Tilly and the Buttons)
  • Difficulté: très facile si l’on n’a pas peur des fermetures à glissières
  • Tissu: robe Laura Ashley vintage offerte par une amie
  • Date de réalisation: avril 2016