De retour au jardin

Étiquettes

, , , , ,

Cela faisait très longtemps qu’il n’avait pas été question du jardin ici. C’est un peu paradoxal car le dit jardin n’a jamais été aussi beau. Malgré les gelées tardives de ce printemps, le jardin est en fleurs. Nous n’aurons vraisemblablement pas beaucoup de fruits, et beaucoup de jeunes pousses ont grillé, mais les plantes ne sont pas mortes et repartent de plus belle. Il est particulièrement frappant de voir les noyers dont toutes les jeunes pousses brunies pendent lamentablement (on dirait que l’arbre est mort) faire émerger leurs boutons secondaires le long de leurs branches nues.

Quelques fleurs que le gel n’a pas perturbé

Centauré des montagnes

Pivoine herbacée

Lila

Rosier William Shakespear (David Austin)

Mode et rationnement

Étiquettes

, , , , , ,

Lors d’un séjour à Londres, j’ai visité le musée de la guerre (Imperial War Muséum), qui offre une merveilleuse librairie avec beaucoup d’ouvrages de référence sur la guerre en tant qu’activité militaire, mais aussi sur l’impact des conflits sur la population civile. Cet aspect des choses est abordé d’ailleurs dans tout le musée, avec beaucoup de réussite dans la présentation.

J’ai profité de cette visite pour me procurer un livre que je cherchais depuis longtemps. Il est intitulé  » Fashion in the ration, style in the Second World War » , ce que je traduirais approximativement par  » mode et rationnement, l’élégance pendant la seconde guerre mondiale ». 

Ce livre est un délice. En plus d’être très instructif sur la vie en Angleterre pendant la guerre de 39-45, il est plein de souvenirs et d’anecdotes de femmes qui ont vraiment vécu cette période. Comment rester jolie et bien habillée quand le tissu et les vêtements sont rationnés ? Quand il n’y a plus assez de shampoing pour avoir toujours les cheveux propres? Quand vous n’avez plus de bas? Quand il n’y a plus d’élastique pour faire tenir vos dessous ?

L’époque décrite paraît incroyablement proche et lointaine. Il y avait déjà du prêt à porter avant la guerre. Toutes les femmes ne cousaient/reprisaient pas avant la guerre. Pendant la guerre, les campagnes de make do and mend donnaient des cours de tricot/reprisage/couture. Les magazines féminins du type Vogue donnaient plein de conseils pratiques et travaillaient avec le gouvernement pour soutenir le moral de l’arrière et essayer de rendre sexy  ce qui ne l’était pas. 

L’état a contrôlé la mode au sens large dans les moindres détails : coupons de rationnement, spécifications sur le nombre de boutons, de plis ou la longueur d’une jupe, introduction de standard qualité pour les textiles, etc.

Un livre enthousiasmant pour redécouvrir une période de débrouillardise et de créativité incroyable. Un ouvrage pour s’interroger sur la mode jetable ( » fast fashion » ) fabriquée à l’autre bout du monde dans des conditions souvent moralement discutables et d’une qualité tout autant discutable. On peut comprendre que la génération qui a vécu la guerre et ses privations se soit jetée à corps perdu dans cette approche de la consommation, mais nous, pourquoi le faisons nous?

Une promenade à Bayeux

Étiquettes

, , , , , ,

Certains livres vous donnent des envies de voyage. Malheureusement, on ne peut pas si facilement que cela s’envoler pour la Chine. De temps en temps, il y a heureusement des destinations beaucoup plus accessibles.

235

La Renaissance du Bessin, journal local mentionné dans le livre d’Adrien Goetz.

Intrigue à l’anglaise d’Adrien Goetz m’a donné une folle envie de visiter Bayeux, probablement lors de la troisième ou quatrième lecture de ce livre…. Et je n’ai pas été déçue en arrivant dans cette ville. Cette dernière a été épargnée par les bombardements de la Seconde guerre mondiale, et a conservé un patrimoine riche et divers. Elle est parsemée de belles demeures en pierre de Caen, un délice pour les yeux, même si la pluie leur ôte un peu de leur chaleur (rien ne vaut un beau soleil sur la pierre de Caen !). J’ai été surprise par le côté très vivant du centre-ville avec son grand marché, ses petites rues commerçantes, ses salons de thé et restaurants.  La ville est nettement orientée vers le tourisme, mais ne l’a pas fait au détriment de son âme.

IMG_2645.JPG

On vient bien entendu à Bayeux pour la « tapisserie de la reine Mathilde » qui est une broderie d’un atelier spécialisé du XIe siècle. Elle est très bien présentée dans un musée dédié, avec un petit audioguide inclus dans le prix du billet. Il vous éclaire sur les différents épisodes qui sont déroulés devant vos yeux. Sans lui, la compréhension serait très difficile. J’ai découvert lors de la visite plusieurs scènes peu connues et tout à fait réalistes, comme celle où les soldats normands récupèrent l’équipement et les vêtements des soldats saxons, les laissant nus sur le champ de bataille…

Venir à Bayeux et ne visiter que ce musée serait un vrai gâchis (cela dit, la météo aidant, vous serez sûrement tentés par d’autres musées). Le musée baron Gérard vaut vraiment le détour. Il est installé dans l’ancien palais épiscopal de Bayeux qui a été adapté et aménagé avec beaucoup de succès pour recevoir ces belles collections. Muséographie très réussie pour vous faire découvrir l’histoire de la ville à travers les âges. La section la plus intéressant est sans doute celle sur la porcelaine de Bayeux. Mais la mise en scène que j’ai adorée est bien entendu celle de la section XVII-XVIIIe. Ces fauteuils suspendus… une vraie mise en scène de théâtre absurde pour un musée très sérieux (reste la question pratique : comment font-ils la poussière dessus ?).

IMG_2592

La cathédrale est belle, bien mise en valeur par l’absence de bâtiments adjacents et vraisemblablement une restauration réussie. Le chevet au petit matin sous le soleil est ravissant. Au risque de paraître blasée, je n’ai particulièrement été impressionnée par l’intérieur et la façade. La Normandie est très riche d’édifices gothiques religieux et la cathédrale de Bayeux ne brille pas par une originalité particulière, sauf… dans sa partie romane. La cathédrale d’origine, romane, a une histoire très liée à celle de Guillaume le Conquérant, puisque c’est son demi-frère Odon de Conteville qui a supervisé une partie de la construction et qu’elle a été consacrée en 1077 en présence du roi Guillaume et de la reine Mathilde. Il ne reste pas grand-chose de l’édifice roman si ce n’est la crypte (les cryptes, c’est humide et sombre, je ne m’y attarde jamais, donc je n’ai pas grand-chose à en dire) et les arcs en plein cintre qui séparent la nef des bas-côtés.  Ils sont ornés de décors qui évoquent les entrelacs celtes  bien plus que le roman du sud de la France. Un peu massif, mais très original !

238

Dès que le soleil daigne revenir, il faut en profiter pour se perdre dans les ruelles et sortir son appareil photo toutes les cinq minutes pour une devanture rétro, un hôtel particulier cosy, une maison à colombages sculptés, une porte, etc.

Pour finir, avant de partir à la mer qui n’est pas très loin, une petite visite au cimetière militaire anglais s’impose. Entretenu avec un soin méticuleux, il s’agit du premier cimetière militaire que je visitais. L’émotion est très forte devant ces stèles alignées, sobrement décorées et portant parfois un petit mot de la famille du défunt. Ils n’étaient pas bien vieux pour la plupart. En remontant dans la voiture, j’ai écouté un peu Marlene Dietrich. Il n’y a rien à y ajouter je crois.

IMG_2667Sag mir wo die Blumen sind,

wo sind sie geblieben


Sag mir wo die Blumen sind,
was ist geschehen?
Sag mir wo die Blumen sind,
Mädchen pflückten sie geschwind
Wann wird man je verstehen,
wann wird man je verstehen?


Sag mir wo die Mädchen sind,

wo sind sie geblieben?
Sag mir wo die Mädchen sind,
was ist geschehen?
Sag mir wo die Mädchen sind,
Männer nahmen sie geschwind
Wann wird man je verstehen?
Wann wird man je verstehen?


Sag mir wo die Männer sind
wo sind sie geblieben?
Sag mir wo die Männer sind,
was ist geschehen?
Sag mir wo die Männer sind,
zogen fort, der Krieg beginnt,
Wann wird man je verstehen?
Wann wird man je verstehen?

Sag wo die Soldaten sind,
wo sind sie geblieben?
Sag wo die Soldaten sind,
was ist geschehen?
Sag wo die Soldaten sind,
über Gräben weht der Wind
Wann wird man je verstehen?
Wann wird man je verstehen?

Sag mir wo die Gräber sind,
wo sind sie geblieben?
Sag mir wo die Gräber sind,
was ist geschehen?
Sag mir wo die Gräber sind,
Blumen wehen im Sommerwind
Wann wird man je verstehen?
Wann wird man je verstehen?


Sag mir wo die Blumen sind,
wo sind sie geblieben?
Sag mir wo die Blumen sind,
was ist geschehen?
Sag mir wo die Blumen sind,
Mädchen pflückten sie geschwind
Wann wird man je verstehen?
Wann wird man je verstehen?

Lilou dress en bord de mer

Étiquettes

, , , , ,

La robe Lilou est le dernier projet du livre  Love at first stitch de Tilly Walnes. Les projets étant classés par difficulté croissante, il s’agit donc théoriquement du plus ardu. Vous pouvez retrouver d’autres projets de ce livre ici et .

Les explications limpides et les photos très parlantes du livre le rendent plutôt simple en terme de réalisation. La véritable difficulté réside dans l’ajustement du patron. La jupe et ses charmants petits plis ne posent aucun problème. Le corsage en revanche présente une particularité qui est toujours un petit morceau de bravoure pour moi : des pinces poitrine ! Outre le fait que je n’ai pas vraiment besoin de ce type de pince, je dois toujours les déplacer pour ne pas me retrouver avec des pinces trop basses.

img_2767.jpg

Les tutoriels pour déplacer les pinces poitrine ont toujours l’air d’une simplicité enfantine. Il suffit de découper un rectangle autour de la pince et de le recoller plus haut. Étonnamment, cette solution présente quelques difficultés de réalisation :

  • Etant donné le nombre de centimètres dont j’ai besoin de remonter la pince, j’arrive vite dans l’emmanchure
  • Le patron est déformé par le déplacement de la pince, et je ne sais jamais comment raccorder le bas de la pince au reste du buste. En l’occurrence, j’ai fait une ligne droite, et j’ai « bidouillé » lors de la couture en coupant ce qui dépassait pour avoir une ligne de coté à peu près rectiligne.

C’est avec ce projet que j’ai appris toute l’utilité de la réalisation d’une toile préparatoire. Ou plutôt devrais-je dire de toiles préparatoires puisque j’en ai réalisées quatre !

IMG_2749

Le résultat final est plutôt satisfaisant. On voit à peine toute la « bidouille » qui se cache derrière un projet aux finitions plutôt propres.

La robe est entièrement doublée en voile de coton blanc. Le patron prévoit de toute façon de doubler le corsage et ne propose pas de parementures. La méthode proposée pour ce faire est très ingénieuse et facile, avec un petit côté magique quand on  retourne le corsage. Je l’ai utilisée pour d’autres projets tant elle permet d’obtenir un joli rendu sans se lancer dans des entreprises hasardeuses.

Le projet a été réalisé dans un coton pour lequel j’avais eu un grand coup de cœur chez Eurodif à Rouen. Il s’agit encore d’un motif marin, mais très estival en raison de son fond blanc. Pour des raisons inconnues, je n’avais acheté qu’un mètre cinquante de tissus, ce qui n’est pas suffisant pour le projet. J’ai donc dû jouer à un jeu très amusant qui consiste à faire des raccords façon patchwork sur un motif orienté. Quelques heures de couture supplémentaires, mais je n’en n’étais plus à ça près après mes quatre toiles !

img_2764.jpg

Le résultat est assez satisfaisant. L’encolure dos est très féminine et le plissé est bien positionné pour ne pas donner d’effet petit ventre comme peuvent le faire les jupes froncées (voir Frida n°1 et Frida n°2). J’ai probablement un peu trop allongé le buste, ce qui donne un léger effet de raccourcissement des jambes. Cela fait dans l’ensemble une sympathique et confortable robe d’été en coton que je peux espérer porter en Normandie entre le premier et le quinze août ou en cas d’été caniculaire. Avec un petit gilet peut être pour le reste de la belle saison?

  • Date de réalisation: octobre 2016
  • Tissu: coton marin de chez Eurodif, doublure en voile de coton trouvée chez Toto
  • Niveau de difficulté: facile pour la réalisation, difficile pour l’ajustement du patron
  • Patron: Lilou dress dans le livre Love at first stitch

Photos par Monsieur Ours, sur la plage de Merville-Franceville

Jupe Ava marine

Étiquettes

, , , , , ,

La jupe Ava, c’est un genre de couteau suisse de la mode. Une petite jupe à plis creux qu’on peut réaliser dans de nombreux tissus différents et assortir à des ballerines comme à des talons hauts. En outre, c’est un patron très facile à réaliser qui donnera une belle satisfaction à une débutante (les plis creux= un maximum d’effet pour un minimum d’efforts couture…). C’est sans doute la réalisation couture qui m’a valu le plus de compliments

IMG_2729-2

Avec sa taille bien haute et son beau volume, elle affine la silhouette et donne une impression longue jambes/taille de guêpe.

IMG_2732-3

De plus, le patron offre la possibilité d’insérer des poches dans les coutures latérales, ce qui est terriblement pratique.

Elle se ferme dans le dos avec un zip. Il s’agit du premier zip que j’ai monté, il est donc bien entendu visible. Tant qu’à être visible, je l’ai choisi blanc. Ce n’est pas très discret, mais je l’aime bien. On va dire gentiment que cela met en valeur la chute de reins…

IMG_2737-2

Quelques inconvénients tout de même: elle est courte. Sur la plage de Merville-Franceville en avril on a froid aux gambettes. Comme je n’aime pas trop montrer mes jambes, je la porte plus en hiver avec des collants noirs (et un marinière pour un effet marin d’opérette assumé) qu’à la belle saison. Si je refais ce patron, je la ferai un peu plus longue, et une taille au dessus pour pouvoir respirer même assise et après avoir mangé (bref, quelques détails bassement matériels).

  • Date de réalisation: octobre 2015
  • Tissu: tissus japonais trouvé chez Eurodif à Rouen
  • Niveau de difficulté: très facile (un peu plus difficile pour une débutante si on choisit de monter un zip invisible)
  • Patron:  jupe ava de wear lemonade (avec bien entendu la vidéo explicative)
  • Modification: aucune

Photos: Monsieur Ours (à sa demande, je précise que je me suis fait le bleu toute seule avec un bord de meuble hostile, et qu’il n’est en rien responsable )

Une soirée à Martainville

Étiquettes

, , ,

La région autour de Rouen est riche d’abbaye, mais aussi de château. Ce weekend était organisée une randonnée nocturne autour du château de Martainville.

wp-image-768450997jpg.jpgOutre les bienfaits évidents pour le corps d’une petite marche à la fraîche dans la campagne normande (la lampe frontale ne permet pas de profiter beaucoup du paysage, mais le ciel étoilé était splendide), cet événement  est aussi l’occasion de visiter le château.

Cette jolie bâtisse du XV et XVI e siècles a le charme de la transition entre les châteaux forts du Moyen Âge et le château plus « résidentiel » de la Renaissance.

Le château abrite aujourd’hui un musée des traditions et arts Normands. À travers les différentes pièces on découvre entre autre l’évolution au fil des siècles et des lieux de l’ameublement. On peut bien entendu admirer de splendides armoires normandes. Ces objets étaient principalement destinés à être offerts lors des mariages et à contenir le trousseau de la jeune mariée. Certains exemplaires particulièrement impressionnant sont présentés au château de Martainville. Richement sculptées dans de beaux bois locaux, ces armoires sont pleines de symboles. La plus amusante possède les portraits sculptés des époux sur les portes. Le marié tient un oiseau, et la mariée une cage ouverte…

Le musée propose également une riche sélection d’objets du quotidien (vaisselle, meubles divers, coiffes, etc). Les commentaires dans chaque pièce sont clairs et expliquent la sélection d’objets et leur fonction pas toujours évidente pour le visiteur du XXIe siècles.

Une soirée pour se cultiver le corps et l’esprit, que demander de plus?

Promenade à Etretat

Étiquettes

, , , , ,

On ne présente plus les célèbres falaises d’Etretat. Un peu comme la Joconde, on a l’impression de l’avoir déjà vue mille fois, mais la contempler au Louvre conserve un charme certain.

Etretat sous le soleil, c’est d’abord la foule compacte sur une promenade de front de mer que les Allemands ont sérieusement abîmée pendant la guerre pour dégager des angles de tir du mur de l’Atlantique. Une promenade où on a construit des parallélépipèdes en béton après le conflit pour accueillir un tourisme de masse pas trop regardant sur la beauté de l’architecture.

img_2358

Promenade du front de mer, Etretat

Mais la Nature est la plus forte. Malgré la guerre, malgré les tirs , malgré les promoteurs et les architectes au rabais, malgré la foule aux goûts éclectiques (je n’avais jamais vu autant de petits chiens en doudoune, certains avaient même une capuche bordée de fourrure) l’endroit reste sublime.

Les falaises sculptées par l’air marin et les vagues irradient une douce lumière chaude au soleil, et semblent à la fois fragiles et indestructibles. Les pieds dans les galets, avec le roulis des vagues comme fond sonore, on se sent si petit et transitoire sur cette terre.

img_2370

Etretat, Falaise d’Amont vue de la Plage

La promenade en haut des falaises vaut l’énergie qu’on dépense à monter les côtes un peu raides. La célèbre porte de la Falaise d’Aval et l’Aiguille creuse sont à la hauteur de leur renommée. Une sorte d’arc de triomphe à la victoire de la mer sur la pierre.

img_2383

Etretat, Falaise d’Aval

Les couleurs de ces photos sont celles d’un beau jour d’hiver. Quand les bleus jouent la profondeur, les blancs sont éclatants et les verts encore un peu ternes de la froidure finissante. Les jours courts donnent vite de longues ombres portées qui ajoutent encore aux contrastes du paysage. Le fantôme d’Arsène Lupin erre sûrement en ces lieux, le tumulte de ses aventures ajoutant une dimension littéraire à la beauté du paysage.

A visiter tôt le matin (une fois que le brouillard s’est levé!) un beau jour d’hiver, pour éviter la foule et profiter du bruit des vagues.

img_2382