Gino Severini au musée de l’Orangerie

Gino Severini au musée de l’Orangerie

Après un billet un peu sombre sur ma contre-utopie préférée, un retour vers la couleur s’impose! L’exposition consacrée à Gino Severini (1883-1966) au musée de l’Orangerie est une ode à la couleur et à l’art du début du XXième siècle.

Car monsieur Severini a fait un peu de tout: du cubisme, du pointillisme, du divisionisme, du futurisme, du néo-classicisme, et surement quelques autres mouvements artistiques de l’époque. Au moins, on ne s’ennuie pas à cette exposition!

La sélection d’œuvres est très intéressante, elles sont toutes plus belles les unes que les autres, mais le commissaire a été nettement moins doué pour les titres des tableaux: entre les fautes d’italien et les titres du type « Expansion sphérique de la lumière centripède et centrifuge. Simultanéisme » (centripède? la lumière a les pieds en dedans? Décidément, dans le milieu de l’histoire de l’art, à défaut d’avoir une quelconque culture scientifique, ils pourraient au moins faire l’effort d’ouvrir un dictionnaire et de trouver le mot centripète), on a un peu l’impression d’une scénographie bâclée. C’est dommage.

Les danseuses divisionistes de Severini font penser à des femmes en mouvement qui se regarderaient dans un miroir brisé. On est loin des danseuses de Degas. Ici tout bouge. Comme un mécanisme un peu fou.

Danseuse bleue, 1912

Ses tableaux pointillistes, qui rappellent un peu Signac, ne sont pas particulièrement accrocheurs.

En revanche, son avancée vers de plus en plus d’abstraction offre au spectateur un feu d’artifice de couleurs et des titres sous forme d’équations farfelues de type danseuse=mer ou danseuse+mer=bouquet de fleurs

Mer= danseuse, 1913

Au début de la première guerre mondiale, il réalise un certain nombre de tableaux ayant pour thème la guerre. Il s’agit avant tout d’exprimer « l’idée » de la guerre, et pas d’en fait un rendu réaliste. Les mots écrits envahissent la toile, et prolongent les armes et leurs projectiles dans le très célèbre tableau « canons en action » (vous avez dû le croiser dans vos livres d’histoire).

Canon en action 1915

Notez que le tableau est en français. Pourtant Gino Severini est italien (comme son nom le suggère) mais il a beaucoup vécu à Paris où il déclare « être né intellectuellement et spirituellement ».

Après cette période futuriste, il a un période cubiste. Severini a choisi un cubisme coloré et parfois ludique. Son portrait de Paul Fort (écrivain et beau-père de l’artiste), avec la moustache en poils collée sur le tableau m’a semblé une idée vraiment enthousiasmante.

Mais après s’être bien amusé, Gino s’est assagi. Il a fait un grand virage vers le classicisme. Adieu couleurs flamboyantes, abstraction orphique à le Delaunay et autres caractéristiques jubilatoires de sa peinture. Les valeurs souveraines (la femme au foyer qui pond des marmots?) sont revenues en force.

Maternité, 1916

Les grands portraits famille des années trente ne font pas rêver. En tout cas pas sur le bonheur des Severini. Même si je préfère la touche du peintre dans ces peintures moins lisses que celles de la période néo-classique, on sent que la jeunesse, l’énergie, la couleur, l’espoir, le mouvement, tout est derrière lui. C’est un brin lugubre comme note de fin.

Portrait de famille, 1936

Notez tout de même la présence du pigeon (ROU-ROU) chéri de l’artiste dans le portrait de famille 🙂

Brave new world

Brave new world

Le meilleur des mondes a été publié par Aldous Huxley (1894-1963) en 1932. A l’époque, il s’agissait d’une contre-utopie. Ce qui y était raconté était loin des capacités de la science. Le roman porte nettement l’empreinte du traumatisme de la première guerre mondiale. Mais les Huxley étaient une famille de types doués (Thomas Henry(1825-1895) était zoologiste et anatomiste, Andrew (né en 1917) fait partie des fondateurs de la neuroscience et a gagné un prix Nobel, Julian( 1887-1975) fonda l’UNESCO et fut son premier directeur), avec un solide culture notamment scientifique, et le roman d’Aldous est TRÈS réaliste.

Je l’ai relu il y a peu, et ce livre me fait peur. Loin de la contre-utopie noire et proche de la réalité du bloc soviétique (un peu dépassée en 2011) qu’est 1984 d’Orwell, le chef d’œuvre d’Huxley décrit un monde qui a énormément de points communs avec le notre.

Je vais éviter de paraphraser davantage, lisez-le, ou relisez le.

Quelques citations:

 » Dieu n’est pas compatible avec les machines, la médecine scientifique, et le bonheur universel. Il faut faire son choix. Notre civilisation a choisi les machines, la médecine et le bonheur »

l’Administrateur (Mustapha Menier)

« Mais qui dit chasteté, dit passion; qui dit chasteté dit neurasthénie. Et la passion et la neurasthénie, c’est l’instabilité. Et l’instabilité, c’est la fin de la civilisation. On ne peut avoir une civilisation durable sans une bonne quantité de vices aimables. »

l’Administrateur (Mustapha Menier)

« – Mais je n’en veut pas, du confort. Je veux Dieu, je veux de la poésie, je veux du danger véritable, je veux de la liberté, je veux de la bonté. Je veux du péché

-En somme, […] vous réclamer le droit d’être malheureux »

Dialogue du Sauvage (John) et de l’Administrateur (Mustapha Menier)

Sources:

Oxymore visuel

Oxymore visuel

Oxymore ou oxymoron: figure rhétorique qui consiste à allier deux mots de sens contradictoire pour leur donner plus de force expressive.  Ex: Hâte toi lentement

d’après le Petit Robert de la langue française 2008

Quelques photo qui témoignent de la possibilité de transposer une figure de rhétorique dans une dimension toute visuelle (il s’agit d’une vitrine de boutique parisienne).

 

L’association de l’adjectif « brutal » à de petits papillons, et de surcroit dans une typographie toute mignonne, mais vaguement dégoulinante, crée un contraste saisissant. L’effet est assuré, on ne peut s’empêcher d’accorder quelques minutes d’attention à la devanture de la boutique

The SQUIRREL is out of the office

The SQUIRREL is out of the office

La blogueuse est partie en vacances, dans un lieu très isolé où il n’y a pas internet. Elle va s’occuper avec amour de ses rosiers et de ses bébés arbres.

En fonction de la météo, je suis en train de faire une « hamacothérapie » sous de vieux fruitiers tordus en me demandant quel nouveau bébé arbre je vais planter cette année, où en train de sauter joyeusement dans les flaques avec mes bottes en caoutchouc.

Bref, je suis au vert.

Pour vous consoler si vous n’y êtes pas, je vous mets une petite photo d’une pelouse fleurie de Jussieu

Entre une bordure en béton et un préfabriqué vert moche, du vert vivant 😉

Au cas où vous pensiez être débarrassé de moi manquer de lecture cette semaine, détrompez-vous, je vous ai programmé plein de billets!

Le marathon de la crasse?

Le marathon de la crasse?

Un jour, pas si lointain, que je marchais dans les rues de Paris, je suis tombée sur une publicité pour ça:
Je me suis retournée trois fois pour la relire. Un déodorant efficace 96= 4x24h? Vous voulez dire un déodorant pour les gens qui ne se lavent pas 96h durant? Et en prime, cette idée de ne pas se laver est associée à l’idée bien virile (ça suinte la testostérone et l’égo de mâle bien dilaté) d’être un homme INVINCIBLE!

J’ai du mal à croire que la prestigieuse marque de cosmétique lance un déodorant uniquement pour les hommes qui font de la randonnée ou encadrent des camps scouts (les seules occasions de ne pas se laver 4 jours de suite qui me viennent à l’esprit, sauf si vous êtes James Bond et que vous êtes poursuivi des jours durant dans un coin désert de la planète par des méchants infatigables). Je ne crois pas que ce soient le genre de niche du marché que convoite la marque l’Oréal Paris distribuée en grande surface et donc destinée à la vente de masse.

Restent deux options possibles: soit les gens du marketing de la marque ont absolument voulu faire mieux que les concurrents et aller vers le toujours plus performant -le premier sur le marché avec le monopole d’une innovation technique, même si cela ne sert à rien (ça ressemble à un délire d’ingénieur déconnecté des réalités du marché, je n’y crois guère), soit les études de marché et autres outils d’analyse révèlent que l’hygiène des hommes laisserait à désirer, mais que dans le même temps ils ne veulent pas sentir le putois (donc les hommes ne veulent pas se laver, mais ne veulent pas que cela se sache?), et qu’en conséquence ils peuvent avoir envie/besoin de ce type de produit. Et ce type de comportement minable (je ne me lave pas, mais j’ai honte d’être crade, donc je mets du déo pour ne pas transpirer et que cela me trahisse), est vendu comme puissamment viril, rendant le type invincible?

Cette publicité véhiculerait donc une image de l’homme type « homme des cavernes crasseux » et ne l’assumant pas (genre gros trouillard)?

L’image véhiculée par les égéries féminines, de plus en plus tournée vers le « nos ambassadrices font aussi du caritatif/ des bébés/une carrière d’enfer au ciné dans des films intellos, ce ne sont pas juste des femmes objets » parait brutalement tellement positive!

Voiture et blogueuse

Voiture et blogueuse

Parler de 2CV sur ce blog n’est pas d’une originalité débordante ( j’en ai déjà parlé ici et ), mais quand je croise une de ces jolies bestioles décorée de façon un tant soit peu originale, je ne peux pas m’empêcher de la bombarder de photos.

Encore une sympathique bestiole

Outre sa jolie couleur vert-bleu-gris passée (était-elle aussi fade à l’origine, ou est-elle devenue ainsi avec le temps?), elle était ornée d’un autocollant proclamant une vérité indéniable sur les 2CV survivantes en 2011:

Ceci n'est pas une voiture... C'est un art de vivre 🙂

Mais le mieux était sans doute le décors peint en dessous de cet autocollant. Il est l’œuvre d’une blogueuse, Marlène, dont on peut suivre le blog  a lot of tralala (« Ce blog a pour unique vocation d’aider les gens à en faire un peu moins au boulot » dixit la présentation du blog par la blogueuse elle-même).

Arrière de voiture décorée par une blogueuse

Je connaissais son travail de blogueuse avant de rencontrer cette voiture dans la rue, et j’ai été très étonnée de reconnaître son style de dessin au premier coup d’œil. Des blogueuses qui décorent des voitures, il n’y en a pas forcément beaucoup, et des blogueuses que je connais ET qui décorent des voitures, il y en a encore moins ;-).

Cette voiture est un petit lien rigolo entre le monde virtuel et le monde réel, et de surcroit un lien non commercial -on ne compte plus les blogueuses à succès qui dessinent des mini-collections de lingerie ou de chaussures (bonjour les domaines clichés de fifilles sans cervelles)-et sur un objet qui n’est pas forcément associé à quelque chose de féminin. Une bonne idée!